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« Ce soir là, il faisait à peine noir que déjà, j'avais peur. Le froid glacial du vent qui soufflait, mes pas qui partaient à l'opposé de toi, de même que le silence strident de cette ville endormie, me donnaient froid dans le dos. C'était fini et je le savais. Mes larmes glacées ne signifieraient plus rien à tes yeux, et j'étais du genre à me croire en disant que c'était pour le mieux. Bien sur, tu me diras que j'aurais pu resté, que rien ne m'a obligé à claquer cette lourde porte mais tu ne m'as guère laisser le choix, avec tous ces subterfuges, ces mensonges pré-fabriqués et si souvent répétés. Tu peux barrer à clé nos souvenirs, nos instants de délires. Tu peux brûler nos photos de famille, balancer par la fenêtre mon bouquet de jonquilles, mais jamais, oh jamais, j'aurai le vertige si tu n'étais pas à proximité pour éviter ma chute. Tu avais raison, l'indépendance est peut-être, après tout, mon deuxième prénom. J'ai gagné, ce soir là, mon propre pari avec la vie, reniant ainsi toute soumission possible, la liberté est enfin accessible. »
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Photo : 0o-marie-tempete-o0.sky
Pris sur : 6h57.sky